Ana: Interpréter un travail

Photo © Lea Jaecklin
Photo © Lea Jaecklin
By Diego Beamonte, traduction française Irene Schwieger, traducción española Ana Beltran
05 mars 2012

Dans le microcosme multiculturel qu’est Genève, l’on a l’habitude de cĂ´toyer des personnes d’origines diverses et mĂ©langĂ©es. Le simple fait de deviner la nationalitĂ© ou l’origine d’une personne lors de nouvelles rencontres est coutume après avoir vĂ©cu Ă  Genève pour une certaine durĂ©e. Cependant, de temps en temps, il arrive de rencontrer quelqu’un d’indĂ©chiffrable.       

Comme Ana Beltran Hetherington, par exemple. Son nom, déjà, révèle un certain mystère. Ses cheveux roux et ses airs immanquablement Ecossais la rendraient invisible au milieu d’une foule à Princes Street, Edimbourg. Son accent, quant à lui, tient d’un mélange d’Ecossais chantonnant et d’Andalous entraînant, reflétant ainsi entièrement la personnalité que cette véritable maîtresse des langues apporte au bureau d’ICVolontaires.

Arrivée au début du mois de septembre 2011 en possession d’un master en interprétation de l’University Heriot-Watt d’Edimbourg, Ana a pris connaissance d’ICV par l’intermédiaire du bureau des services de carrières à l’Université d’Edimbourg, et a estimé trouver en cette organisation l’environnement idéal pour exercer ses talents et réaliser ses objectifs pour l’avenir. Cependant, ses attentes d’une organisation gigantesque et multiculturelle ont néanmoins teinté sa première expérience de travail.

Elle a reçu une agréable surprise quand, anticipant une atmosphère intimidante, elle a découvert qu’ICV était composée d’une "équipe amicale, prête à tendre la main à la moindre occasion."

Le calme à son arrivée n’a pas duré longtemps. En effet, le début du stage d’Ana était une des périodes les plus chargées de l’année. Immédiatement, elle s’est mise au travail en temps que coordinatrice de conférence, ne lui laissant qu’à peine le temps de s’installer, ou de se concentrer sur son domaine de prédilection: la traduction.

Diwen, alors coordinatrice des services de confĂ©rences, lui a dĂ©signĂ© diverses tâches en prĂ©paration pour deux semaines de confĂ©rences intensives (Croix Rouge, EKTA et EECERA) pendant lesquelles elle "s’est battue pour trouver du sens Ă  son travail," avoue-t-elle. "Il n’y avait pas le temps pour les explications," explique Ana.     

MalgrĂ© son arrivĂ©e rĂ©cente Ă  ICV, Ana a dĂ» prendre en main la coordination des interprètes volontaires pour une confĂ©rence de la Croix-Rouge, sa toute première avec ICV. Elle avoue avoir subi un "stress considĂ©rable" Ă  ce moment lĂ , mais elle a rĂ©ussi Ă  garder son calme et Ă  garantir le bon dĂ©roulement de la confĂ©rence. "GuidĂ©e par son Ă©ducation en interprĂ©tation, elle a compris les besoins des interprètes et les aspects administratifs de la confĂ©rence. Elle a Ă©tĂ© excellente" a assurĂ© Viola, fondatrice et directrice d’ICV.  

Son caractère aimable et ouvert lui a permis de développer des amitiés au-delà du monde professionnel d’ICV, et notamment avec certains interprètes avec qui elle garde encore contact.

Lorsqu’on lui demande comment elle a vécu son stage à ICVolontaires, Anna répond qu’elle est enchantée d’avoir pu bénéficier de ces expériences qui, bien que pas exclusivement positives, ont néanmoins été instructives. Lors d’une rencontre déplaisante avec un interprète malpoli, par exemple, Ana aurait aimé lui faire part de son opinion quant à son comportement déplacé. Mais, au lieu de cela, elle affirme avoir appris après avoir travaillé dans le domaine des conférences qu’il faut "être aimable avec tout le monde, encore plus ceux qui vous tapent sur les nerfs, au lieu de leur donner un coup de pied!"

En plus de cela,  Ana Ă©tait ravie "d’avoir eu la chance de vivre dans un milieu cosmopolite, d’avoir pu apprendre Ă  s’exprimer correctement en français, et d’avoir rencontrĂ© des gens de tous les coins du monde." En ce qui concerne le volontariat, Ana le considère comme une bonne façon de gagner de l’expĂ©rience professionnelle, de faire de nouvelles connaissances et, plus important, de tendre la main pour une bonne cause.

A l’avenir, Ana anticipe de travailler comme interprète pour l’Union Européenne, qu’elle considère "moins utopique, et ayant des buts plus réalistes que l’ONU." Dans le court terme elle voudrait rejoindre une agence de traduction à Londres pour affiner ses talents dans l’attente d’un appel de l’UE.

Ana est convaincue que son expérience à ICV, en ses propres termes "une excellente expérience instructive sur de nombreux projets de qualité," l’aidera à l’avenir. Nous l’espérons aussi!

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